Les Balkans chez nous, ce n'est pas juste le temps d'un festival.
Sara Jabbar Allen s'est intéressée à partir de 1998 aux familles roumaines et bosniaques installées sur le terrain-bidonville de Ginestous à Toulouse.
"Leur parcours vers l'intégration, génération après génération, est l'objet de mon travail". Aller contre les clichés sur les voleurs de poules n'est pas facile mais Sara Jabbar Allen s'y emploie à travers les images et les témoignages audio, exposés en ce moment à la bibliothèque Fabre.
Ce vendredi soir, la Ville Rose s’enveloppe de sombres nuages alors qu’Ingrid et Mathieu, du collectif de poètes Dixit, s’apprêtent à entamer la lecture de l’itinéraire poétique des Balkans qu’ils ont préparé pour l’occasion. Dans l’ambiance feutrée de la petite librairie du monde Terra Nova, le public ne s’attend certainement pas à recevoir toute la puissance poétique.
Les brèves histoires balkaniques du Petit London ont été l’occasion de découvrir le projet des artistes du Putnik Cirkus : poursuivre le pont culturel entre Toulouse et Mostar.
"Sta Ima ?", cette formule de salutation de Bosnie-Herzégovine équivaut à notre "Quoi de neuf ?" et c’est le titre d’un ouvrage ambitieux de l’association toulousaine Guernica. Et, il fallait être du côté du Petit London pour le découvrir.
Vous connaissez cette grande silhouette, ces moustaches postiches, ce regard envoûtant, noir et vif... Miki Manojlovic est venu discuter avec le public, après la projection dimanche du film "Underground" et lundi de "Papa est en voyage d'affaires".
La réalisation "Re-construction" de Iosif Kiraly inaugurée à la Poste du Capitole. L'artiste roumain prend en photo un même endroit, à différents moments, et fait un montage qu'il explique ainsi : "j’ai voulu paradoxalement confronter et à la fois intégrer dans un jeu de question réponse l’architecture toulousaine à celle des villes des Balkans et travailler sur les différences d’échelles entre l’image et la réalité" Photo : DR
Si vous étiez à la bodega El Camino samedi soir, vous avez dansé (et chanté !) avec Violon bringue. Sabrina au violon, Jean-Luc à la guitare et à l'accordéon, Gilles (encore lui !) à la clarinette, pour du jazz manouche, de la musique klessmer (juive, tzigane) ou des airs bulgares et macédoniens. Le résultat se juge sur pieds...
Il s'appelle Dimitri et vous l'avez peut-être déjà entendu sur le parvis de Saint-Sernin le dimanche. C'est un virtuose de ce violon bulgare appelé gadulka et le public du Petit London a pu l'apprécier hier soir, mis en valeur par ses compagnons, Ivan à l'accordéon et Haka au tapan (tambour). Nous jouons des musiques de Bulgarie, de Bosnie, de Grèce..., mais en essayant de préserver leur identité propre, sans faire de mélange explique Ivan, le puriste, cependant que le public novice inventait des danses... très peu balkaniques.
Ivan et Haka joueront dans leur formation Kocka Neba au Bijou les 10 et 11 juin.
La scène du Chapeau Rouge prend des airs de roulotte pour un voyage en famille. Rodinka, qui veut dire petite famille en tchèque, vous invite à traverser les Balkans en musique.
Il y en avait du beau monde dans les préfabriqués de l'école maternelle Jean-Moulin d'Empalot ce matin : la directrice du festival Christine Tilie, Gisèle Verniol l'adjointe au maire en charge de l'Éducation, Michèle Breille, coordinatrice des CLAE de maternelle, France 3... Et pendant que ces GPI bavardaient sous le préau, les petits artistes travaillaient, pieds nus, pantalon retroussé. Delphine Fabro, graphiste toulousaine a été choisie pour conduire ce projet Rio Loco dans 16 écoles. "Nous avons d'abord évoqué les Balkans, la géographie, la musique..." Puis l'idée était de partir du travail de l'artiste serbe Laura Todoran (cf. l'article de Nicolas Séné) pour imaginer nos propres pictogrammes, inspirés par la musique des Balkans. Ainsi, Noa, qui sait très bien que "les Balkans c'est des pays qui sont tout serrés" a associé un nounours au verbe "jouer", Sarah a dessiné une flûte pour "souffler" et Dahian a fait une main pour "danse". 190 panneaux seront accrochés en présence des enfants le 18 juin, prairie des filtres, et ils ne seront pas peu fiers de nous les montrer !
Est-ce la pluie, qui les a empêchés de mouiller leurs pattes délicates ? Je parle ici des musiciens qui étaient attendus au Petit London ce mardi pour un Piano ouvert autour de l'oeuvre de Georges Enesco. 15h, rien, 16h. nada, 20h nichts...Pourtant, il était ouvert, le barman mélomane, et le piano trônait, abandonné au milieu d'une belle exposition photo. Ça arrive ! tout n'est pas carré, chronométré et sans surprises comme une montée des marches à Cannes. Ouvert, suppose une certaine dose d'improvisation ! Et le barman DJ enthousiaste de m'assurer ce soir, je vais concocter une programmation spéciale, mais ce sera peut-être plus loco que rio... C'est un peu dommage pour Enesco, véritable héros en Roumanie, la patrie où il vit le jour en 1881. Il devint violoniste virtuose, en même temps que compositeur, puis chef d'orchestre renommé. Bien qu'installé en France, où il mourut en 1955, il est toujours resté fidèle à son pays, s'inspirant à l'occasion de la musique populaire. Allez, juste une petite pavane...
Pendant le Coeur de Fête, une signalétique originale parsèmera la prairie des filtres : des pictogrammes de 3 mètres sur 4, réalisés par la jeune artiste serbe, Laura Todoran. Des "symboles des Balkans" qui ne seront là que pour guider votre sens artistique. Photo: Frédéric Maligne
L’hebdo, daté du 24 au 30 mai, consacre trois pages à la musique des Balkans et explique comment on est passé de « l’image ringarde des harmonies municipales plan-plan et tagada tsoin-tsoin aux ébouriffantes fanfares débridées qui font fureurs dans les petits bars de quartiers jusqu’aux dancefloors… »
Une analyse qui va du festival de Guca jusqu'aux dancefloors de DJ Shantel (Stefan Hantel) en passant par le No smoking orchestra de Kusturica, l'orchestre des Mariages et des Enterrements de Bregovic et la fanfare Ciocarlia... A écouter le récit en musique de la journaliste Eliane Azoulay
Une bodega en plein programme balkanique ? Ce n'est pas un curieux mélange des genres mais une des rencontres improbables du festival.
La Bodega "El Camino" prend le chemin de l'Est pour accueillir différents artistes de la programmation, à l'image de DJ Vinodilo de Kumpania Beats, hier soir. Photo : Frédéric Maligne
Chaîne de montagnes boisées, le mot d'origine turque Balkans évoque un paysage agréable, assez loin de l'image sombre et brouillée qui vient à l'esprit quand on évoque cette région de l'Europe.
Rio Loco se veut convivial mais aussi Eco Loco... du nom de ce label qui voit le jour pour cette 14ème édition. Rio Loco a élaboré une charte écologique avec l'ADEME et c'est Eco-Emballages qui assurera la sensibilisation au tri des déchets pendant le Coeur de Fête.
''Balkans ? euh...", Anna-Lenna
"Macédoine de légumes et terrain de jeux des grandes puissances, Sebrenica et Kusturica", Alain
"Dernière guerre en date sur le sol européen, discrimination ethnique, immigration...", Yvonne
"Le yaourt ! Ils ont inventés le yaourt !", Marc
"Euh...c'est des îles ?", Marie
"Une tradition culinaire, une culture à part entière, des costumes colorés sur un fond de violon, c'est vers la République Tchèque, non ?", Laurence, etc.
Quand je pense qu'on se moque des Américains qui ne savent pas situer la Suisse en Europe ! Un topo s'impose avant d'entrer dans la danse, non ? A suivre...
Concombres façon Tarator et ragoût de volaille Kavarma, voilà qui ne sonne pas franchement franchouillard, même si ça sent comme les autres jours à la cantoche. C'est qu'aujourd'hui, l'ensemble des cantines des écoles maternelles et primaires de Toulouse proposent un menu à thème (Bulgarie), tout comme le 19 avril (Turquie) et le 10 juin (Grèce). Dans certaines écoles, cette mise en bouche balkanique est accompagnée d'activités menées par les CLAE, destinées à ouvrir les esprits, à titiller les curiosités, à mieux connaître cette péninsule lointaine. A l'école Molière par exemple, des CE2 (8-9 ans) sont partis de contes et légendes d'Albanie et de Bulgarie pour aboutir à un petit spectacle qui sera joué le 19 juin au foyer des Feuillants. Oui, culture rime aussi avec nourriture, alors pour ceux qui veulent en savoir plus sur le Tchuchki Biurek, le Shkembe Tchorba, la Banitza et la Tufahija...en route vers la cuisine !