Klavdij Sluban, la photographie comme écriture
Par Valérie Lassus le vendredi, juin 13 2008, 14:30 - Planches, toile, arts visuels... - Lien permanent
Il y a cette femme qui vous regarde de derrière la vitre sale d'un autobus en hiver. Deux yeux perdus dans leur rêverie mais qui vous accrochent. Le résultat d'un hasard de rencontre ? Pas seulement, car il faut un certain état d'esprit de la part du photographe pour atteindre cela. Klavdij Sluban se veut auteur et non photojournaliste* et ses grands formats respirent l'éternité des peintures. Pas de matériel sophistiqué pour lui qui collectionne les récompenses les plus prestigieuses ; le noir et blanc, le noir surtout, et l'attention paisible portée aux hommes et à leur lieux de vie, qu'il semble ne faire que traverser, sans cesse.


Espace Saint-Cyprien, jusqu'au 17 juillet
Klavdij Sluban
\* Notons que d'excellents photojournalistes sont aussi des auteurs qui passent plusieurs années sur un sujet : Stanley Greene, Paolo Pelligrin, James Nachtwey, Christopher Morris, Philip Blenkinsop, Marie-Paule Nègre, etc.

Vos Commentaires
Bravo pour le blog et pour cet article en particulier...Par contre, je ne suis pas d'accord avec Klavdij : les photojournalistes sont aussi des auteurs, par exemple, Marie-Paule Nègre, Annie Griffiths Belt, Alex Webb pour n'en citer que quelques un(e)s. Sans compter des coopératives comme Magnum et des agences comme VII, Noor, Vu, etc. qui se sont construites justement sur des photojournalistes qui sont aussi et surtout auteurs.Bien souvent, si nous ne voyons pas ce travail de qualité, c'est tout simplement parce qu'il n'est pas publié, par peur de heurter les annonceurs qui font en partie vivre la presse.