Nous étions assis hier dans le coin des enfants de la petite bibliothèque Fabre. Avec ses lunettes sur le bout du nez, Isabelle Luccioni, metteuse en scène de la compagnie Oui, bizarre, nous a lu "pour le goût", une poignée d'auteurs des Balkans du XXe siècle. Souvent, ce goût est celui du sang séché. Le drame rôde jusques dans les pages lumineuses du prix Nobel Ivo Andric. Dans ces écrits choisis, l'observation aiguë des choses et des gens donne toute sa matière au rire (Danielo Kis), à la nostalgie (Ivo Andric), à la réflexion (Miljenko Jergovic), aux larmes (Velibor Colic). La littérature, une des meilleures façons de voyager, quand on ne peut pas partir.