19h40. Les files d’attente s’étendent aux points de vente alors que les premiers spectateurs prennent place, sous un soleil d’été, devant la scène du pont-Neuf. Pendant ce temps-là, les T-shirts orange, qui assurent la logistique du festival, profitent de leur dernier moment de repos devant une assiette printanière.

20h27. Shantel et Bucovina Club Orkestar fait son entrée sur fond de « Disko Partizani », leur dernier album. Malgré le petit raté du titre éponyme pour cause de saxo mal branché, ce Balkan Disco aura fait même se trémousser les plus timides.

21h54. La nuit vient de tomber sur la Ville Rose et une lune rousse baigne le Pont-Neuf. Certains jurent même avoir vu un chat noir se languir sur le rebord. Le tableau est posé. The No Smoking Orchestra entre sur scène. Le public s’enflamme quand apparaît le guitariste certainement le plus connu de la programmation : Emir Kusturica. Perdus dans la multitude, beaucoup ne verront le cinéaste que sur grand écran. Les deux heures de punk rock tzigane sont rythmées par un chanteur kitchissimement vêtu de rouge.

D’une intro à la Pink Floyd à la musique de « Chat noir, chat blanc », les riffs de guitare ont imposé une tonalité résolument rock. Mais, le clou du spectacle aura été offert par Kusturica et le violoniste. Ce dernier, après avoir joué du violon sur la tête, défie le guitariste-cinéaste dans un duel à l’archet.

Ainsi, deux musiciens viennent d’en apporter un, surdimensionné. Et, voilà que le violon puis la guitare y sont frottés sur un rythme frénétique. Il n’en fallait pas plus pour électriser un public déjà revivifié. Un dernier morceau bien rock et The No Smoking Orchestra tire sa révérence.

Mais, la soirée n’est pas finie : cinéma, jazz manouche ou DJ à l’after, chacun poursuit son Rio Loco à sa façon. Et, ce n’est que le début.