"Les Grecs adorent faire la fête ! Se retrouver jusqu'à pas d'heure, quel qu'en soit le prétexte. Dans les fêtes traditionnelles, on casse des assiettes et on jette des fleurs aux musiciens ! " explique, enthousiaste, Ermioni. Tandis que je tente d'imaginer les habitants du quartier Soupetard brisant la vaisselle de la collectivité lors de la Soirée Grecque du 21 juin*, Ermioni regrette "que la seule chose que l'on voit de la Grèce, c'est son histoire antique et ses plages". À son avis, le berceau de notre culture va mal : "la corruption gangrène la politique et l'économie. Pour parler de quelque chose que je connais bien, l'éducation souffre d'un système à deux vitesses : écoles privées chères en parallèle aux écoles publiques de piètre niveau. C'est ainsi qu'il est moins cher pour moi de venir étudier dans une bonne école en France, que de suivre un mauvais cursus chez moi ! " Nombreux sont les jeunes Grecs qui s'exilent pour ne plus revenir dans un pays sclérosé. "C'est triste quand on connaît l'influence des premiers penseurs grecs sur la civilisation. Aujourd'hui, on célèbre Maria Callas, Mélina Mercouri... mais qui peut citer quelque chose de la culture contemporaine grecque ou de sa politique ?"



\* Costumes traditionnels exposés au Centre culturel Soupetard. Le 21 : repas, concert de musique traditionnelle et projection du film de Jules Dassin "Jamais le dimanche" (Prix d'interprétation féminine pour Mélina Mercouri),1960